Sunday, November 22, 2009

Profilage par association

Imaginez un instant qu'avec quelques amis, vous êtes invités à une soirée ou vous serez amené à rencontrer et socialiser avec plusieurs nouvelles connaissances. La soirée se déroule plutôt bien et les gens sont sympatiques. À un certain moment, bien installés, un verre à la main, vous vous retrouvez dans une conversation de groupe à propos d'une activitée pratiquée, et par vos amis proches et par l'une des personnes que vous venez de rencontrer à cette soirée. La conversation est animée et permet à vos amis de tisser de nouveaux liens avec cette personne nouvellement rencontrée à travers cette passion commune.

Bien que vous soyez familier avec cette activitée dont il est question, vous ne la pratiquez pas vous-même. Malgré cela, vous êtes attentif à la conversation se déroulant autour de vous. Cette nouvelle connaissance, prenant pour acquis que vous-même pratiquez cette activitée spécifique étant donné votre présence fortuite au sein de ce groupe de vos amis qui eux la pratique, vous inclu inconsciemment, au cours de la conversation, dans ce groupe spécifique de gens pratiquant cette dite activitée. Tout cela parce que vous étiez là, à cet endroit préçis, à ce moment propice au sein d'un groupe de personne s'adonnant à ce hobby sans toutefois vous y adonner vous-même. À aucun moment de la conversation, vous n'avez pourtant laissé sous entendre que vous pratiquiez également cette activitée, pourquoi est-ce que cette personne vous a donc, vous aussi, catégorisé comme tel?

Nous sommes tous coupables de ce type d'association automatique à un niveau ou à un autre. Nous assumons une panoplie de faits à propos de gens que nous rencontrons au quotidien sans qu'eux-même ne nous aient confirmé ce que nous avons conclu à leur propos. Qu'est-ce que cela suggère sur nous même et sur la façon dont notre esprit fonctionne? De plus, à combien de reprises avons-nous succombé à ce type d'automatisme au cours de notre vie sans même le réaliser et combien d'événements ce comportement as-t-il influencé tout au long de notre parcours qui auraient pu avoir un tout autre dénouement?

Nous ne le saurons probablement jamais et certains argumenterons certainement que cela est de toute façon dans la nature de l'homme et qu'il est inutile de chercher à s'en affranchir. Est-ce vrai ou est-ce qu'au contraire, une fois conscient de cet état de fait, avec certains efforts, pouvons-nous parvenir à cultiver une plus grande objectivitée?

Monday, November 2, 2009

Shamanisme et Soufisme: même objectif, mêmes techniques.

Ce n'est pas un secret, le shamanisme représente en quelque sorte la " proto-religion " ou l'origine de ce qui est considéré " pratique spirituelle " chez l'homme. Dans son livre Shamanism - Archaic techniques of Ecstasy, Mircea Éliade brosse le tableau le plus complet ayant été fait à ce jour de ce qu'est le shamanisme en passant au peigne fin les cinq continents dans le but de définir ce qu'il est exactement. Tâche ardue s'il en est une puisque les ethnologues tentaient déja, depuis plusieurs décennies, de trouver une définition satisfaisante de ce qu'est un " shaman " sans que cela ne se solve par un consensus définitif. Parfois nommés guérisseurs et sorciers mais également oracles, guides spirituels ou encore prêtres, le concept du shamanisme continua à éluder toute étiquette jusqu'à ce qu'Éliade élabore sa formule.

La plupart des mythes religieux dont sont constituées nos religions contemporaines proviennent de l'époque précédant l'histoire écrite. Des symboles comme l'axis mundi, c'est à dire l'axe du monde, présenté sous la forme d'un arbre, d'une montagne, d'une échelle, d'une corde ou encore d'une liane reliant le ciel et la terre et qu'il est possible d'utiliser pour visiter autant les mondes inférieurs que supérieurs, datent d'avant l'avènement du monothéisme. La mort et la résurrection sont également des symboles intrinsèques au shamanisme puisque dans la plupart des traditions shamaniques, le shaman endosse finalement son rôle seulement après une initiation ou il doit " mourir ", de façon symbolique et revivre à sa nouvelle vie. La visite de monde supérieurs mais aussi de mondes inférieurs et la rencontre avec certaines entitées fait également partie intégrante du shamanisme.

C'est donc après avoir étudié le phénomène pendant de longues années que Mircea Éliade élabora une définition officielle pour décrire le shamanisme. Une définition se situant au delà des attributs culturels relatifs à l'endroit et à l'époque. Il décrivit le shamanisme ainsi: un éventail de techniques pratiquées dans le but de générer l'ecstase.

Que ce soit par le biais de la musique, du chant, de la danse ou de l'intoxication, le shaman se spécialise de par sa capacité a entrer dans une transe ecstatique lui permettant de vivre toute une gamme d'expériences innaccessibles à d'autres. Le shaman est le spécialiste de l'abstrait; quand les moyens habituels ne suffisent plus, c'est lui qui offre de nouvelles pistes de solutions. Dans un monde ou la force brute offre l'avantage sur les compétiteurs, le shaman est celui qui possède la clé des symboles de l'imaginaire et c'est ce qui lui permet d'altérer l'esprit de ses semblables et ainsi de les inspirer. Il est l'artiste primordial.

Bien sûr, avec l'avènement de l'agriculture voila environ douze mille ans, la société humaine autrefois nomade, commence à entrevoir les avantages d'un mode de vie sédentaire et développe donc une nouvelle forme de culture basée sur la stabilité résultant d'une compréhension accrue des cycles naturels. Les premiers signes de cette forme de cohabitation se retrouvent au proche-orient, au coeur du croissant fertile, à des endroits comme le site de Çatal Huyuk, considérée comme ayant étée l'une des premières " villes ". C'est donc dans cette zone que se bâtirent les premières civilisations et c'est aussi là que prirent forme les premières religions organisées, d'abord polythéistes mais aussi éventuellement monothéistes.

C'est dans ce contexte que vécu Abraham, à qui l'on doit, si l'on en croit la légende, le monothéisme avec lequel nous sommes désormais familiers et c'est en Égypte que nacquis le fondateur du Judaisme, Moise. Ce dernier, au sommet du Mont Sinai, parla à Dieu et reçu de lui des instructions qui lui permettèrent d'élaborer les fondations du judaisme et de guider les hébreux hors d'Égypte, loin de l'influence du pharaon de l'époque. Ce mythe contient une bonne quantité de symboles également attribués au shamanisme et comme l'époque n'était pas loin ou celui-ci constituait encore l'essence de la pratique religieuse humaine, il est normal qu'il ait influencés les nouvelles religions en devenir. Le fait, par exemple, que Moise ait reçu sa révélation, les dix commandements, au sommet du Mont Sinai, évoque clairement le concept de l'axis mundi que le shaman escaladait depuis des temps immémoriaux dans le but de s'entretenir avec les " grands esprits " et de ramener ensuite l'information à son peuple.

Après Moise vint Jésus qui, selon la légende, passa quarante jours de solitude à jeûner dans le désert et occupa le reste de sa vie à révolutionner le système religieux déja en place et à prêcher en faveur d'un mode de vie simple orienté vers le Divin. Cela fit de lui un personnage légendaire à qui on attribut des qualitées divines. Sa mort fit de lui un martyr ainsi qu'un être hors du commun puisque, selon la légende, trois jours après avoir été cruçifié il revint à la vie. Cela n'est pas sans évoquer le concept d'initiation permettant au shaman de devenir un guide pour sa communauté au prix de sa vie. De plus la croix, sur laquelle il fut cruçifié, n'est pas sans rappeller elle aussi l'axis mundi permettant d'accéder à la révélation. Il serait possible ici de plonger dans l'analyse de plusieurs autres symboles chrétiens dérivés du shamanisme, par exemple le mythe du serpent et du jardin d'Éden, le serpent étant un symbole intrinsèque au shamanisme, mais cela ne ferait qu'allonger cette présentation.

Finalement apparait Muhammad, prophète de l'islam. La vie de Muhammad est particulièrement teintée de symbolisme shamanique. On n'a qu'à penser à l'endroit ou se produisit sa première révélation, le sommet du Mont Hira' ainsi que la nuit du Mi'raj ou il chevaucha Buraq, mythique créature ailée semblable a un cheval envoyée par Dieu dans le but de le porter jusqu'aux sept cieux ou il eux le loisir de s'entretenir avec ses ancêtres, c'est à dire tout les prophètes de la tradition d'Abraham mais aussi avec Dieu lui même.

L'islam engendra une tradition difficile à catégoriser nommée soufisme. Les soufis et leur pratique sont difficiles à décrire. Souvent considérés comme les mystiques de l'islam, les soufis s'évertuent, à l'instar du shaman, à atteindre un état ecstatique résultant du contact avec la présence divine. Autrement dit, tout comme le shamanisme, le soufisme oriente ses adeptes vers l'expérience directe et non pas vers une croyance basée sur une doctrine purement théorique.

" L'existence, selon les soufis, est la trouvaille de Dieu dans l'ecstase. " ( Al-futûhât al-makiyya )

Plusieurs traditions soufies existent. La plupart sont liées à l'islam de par leur allégeance à Muhammad et au Coran mais quelques unes se déclarent tout de même indépendante face à cette religion. Par contre, ce qui distingue généralement les soufis c'est la recherche de ce qui transcende la banalité du rituel. En plus des habituels cinq pilliers auquel le croyant doit se soumettre en islam: la déclaration de foi, la prière aux heures prescrites, le pèlerinage à la mecque, la charité ainsi que le jeûne, le soufisme islamique accorde une importance particulière au samâ, c'est à dire l'ecstase atteinte à travers la musique et la danse. Cet état " d'intoxication " et de " folie " ne se produisant qu'au contact de la dimension divine.

C'est donc cette recherche de l'ecstase qui caractérise autant le shamanisme que le soufisme et c'est aussi celle-ci qui différencie ces deux traditions de la plupart des religions existantes puisque cette recherche implique une quête de l'expérience directe faisant défaut à la grande majorité des cultes. Ce qui vaux la peine d'être souligné c'est que cet état psychologique altéré, convoité par les adeptes de ces deux traditions bien particulières, est habituellement généré grâce à des méthodes semblables, c'est a dire la musique, la danse, le chant et l'intoxication. Ce qui m'amène personnellement à considérer le soufisme comme une forme de shamanisme spécifique au monde arabe, faisant usage des symboles propres à cette culture pour se définir et élaborer ses principes.

Il apparait également clairement à quiconque ayant fait une étude approfondie du shamanisme, que les trois grandes religions monothéistes, le judaisme, le christianisme et l'islam, puisent toutes trois leur symbolique dans un passé lointain ou le shamanisme forgeait déja la vie spirituelle de l'homme. De ce fait, celles-ci, malgré leur prétention à innover au niveau spirituel, demeurent des traditions s'inspirant de traditions encore plus anciennes et de concepts tout aussi anciens existant bien avant leur apparition.

Thursday, October 22, 2009

La Singularité de l'imagination dans le processus évolutif

Que le singe ai développé sa conscience et son imaginaire et les utilise tout deux de façon astuçieuse grâce a l'intégration de plantes spécifiques a son alimentation au cours de son évolution me semble beaucoup plus plausible que plusieurs autres théories pourtant considérées comme orthodoxes.

Dans tout le royaume animal, notre espèce semble être la seule à avoir développé cette aptitude a " donner un sens " a sa propre existence, autrement dit, à utiliser son imagination pour imaginer des scénarios allant de: si j'utilise cette longue perche acérée et que je m'en sert pour garder ce tigre aux dents de sabre a distance, j'aurai de meilleures chances de survie ou bien si les foumis entendent nos peaux de tambour vibrer les soirs ou nous dansons au clair de lune, peut-être que le tonerre est le tambour d'un homme plus grand que moi-même.

Bref, l'imagination est à l'homme ce que la chaleur est au soleil. Mais pourquoi? Nous étions des singes voila à peine quelques milliers d'années et tout d'à coup, pour aucune raison expliquée de façon satisfaisante par la science, le singe s'est mit a imaginer et a développer un language pour communiquer ses idées: se raconter des histoires, planifier ses prochaines tactiques de chasse et surtout donner un sens à sa vie.

Cela s'est fait relativement récemment: le language parlé date, selon les estimations, depuis 35 000 ans et pourtant, nos ançêtres possédaient un cerveau ainsi qu'une boite crânienne de taille similaire aux notres depuis au moins 100 000 ans. Pourquoi est-ce que soudainement l'imaginaire s'est mit a prendre autant de place dans nos vies?

Comme Platon disait: " Si Dieu n'existe pas, l'homme l'inventera. "

Nous avons littéralement sculpté le monde dans lequel nous vivons maintenant grâce à l'imagination et en utilisant ensuite la matière avec laquelle il est constitué pour bâtir ce que nous nommons la civilisation. Et plus le temps passe, plus nous développons cette capacitée, ce talent, pour en arriver à une toute nouvelle étape, cette fois-ci grâce à une matière beaucoup plus subtile: l'électricité; je parle ici de réalité virtuelle.

Tout ça pour arriver a la question a 1 million de dollars: Quel fut le catalyste au déclenchement de l'imaginaire chez le singe?

Je penche personellement vers la théorie dite du " singe buzzé " qui suggère que l'intégration de certaines plantes dans leur alimentation ait pu contribué à leur fournir un avantage. Dans un contexte ou la survie est difficile et que la majorité des espèces en compétition sont beaucoup mieux équipées que nous pour faire face aux dangers de l'époque, par exemple à cause de leur force physique incroyable et de leur taille, les singes ne faisant pas usage de plantes au pouvoir psychédélique sont laissés loin derrière dans la courbe de l'évolution. Pourquoi? L'étymologie du mot psychédélique contient la réponse:

" Le terme psychédélique est un néologisme issu du grec (de 'Psyche', âme et de 'delos', visible, clair ) qui signifie "révélateur de l'âme "

Les plantes psychédéliques sont des stimulants pour l'imagination. Alors que dans la nature, tout est si bien réglé et que chaque créature agit selon ce que son code génétique lui dicte, notre espèce s'est détachée du lot grâce à sa maitrise de l'imagination. Comme certaines plantes tels les champignons psilocibes sont aisément disponibles et ne nécessitent aucune préparation pour en ressentir les effets psychédéliques potentiels, il est conçevable que ces plantes nous aient donné l'avantage nécessaire pour grimper au sommet de la chaîne alimentaire et ce, malgré le fait que la majorité des carnivores étaient beaucoup plus féroces et mieux adaptés à la compétition que nous.

La nature et l'univers sont des systèmes étonnament complexes, mais chaque créature, aussi sophistiquée soit-elle, ne fait qu'assurer sa survie alors que nous nous sommes arrêtés à nous émerveiller de l'ampleur du miracle de nos vies et de l'étendue de la réalité dans laquelle nous nous trouvons pour tenter de lui donner un sens. Pourquoi nous? Et comment cela s'est-il produit?

Certes, de nos jours, alors qu'en avoir plein la vue est monnaie courante grâce aux innovations technologiques dans le domaine du divertissement, il semble obsolète d'avoir recours a ces plantes. Mais les conséquences de cette banalité sont dévastateurs car le bombardement constant auquel nos sens sont exposés ne fait qu'ultimement nous rendre blasés. Il devient alors plus que jamais important d'avoir accès a cette option si le désir y est sans courir le risque de se voir pénaliser par la loi. Et s'il s'avère qu'effectivement, ces plantes ont agit comme catalyste au développement de l'imagination de notre espèce, nous leur devons beaucoup plus que même notre imaginaire puisse nous permettre d'imaginer! Et en nous privant de l'apport de celles-ci en règlementant leur utilisation et leur cultivation, les gouvernements de ce monde mettent un frein a l'élan créatif caractérisant notre espèce faisant en sorte de créer un climat social ou les idées stagnent et ou nous tournons en rond.

Les exemples abondent, même aujourd'hui à l'époque ou l'utilisation de ces plantes est interdite, d'hommes et de femmes, oeuvrant dans différents domaines, admettant avoir étés inspirés par l'expérience psychédélique. Citons par exemple Francis Crick, co-concepteur du modèle à double hélixe de l'adn, ayant de son propre aveu été inspiré à conçevoir celui-ci pendant une expérience de LSD. Bill Gates, fondateur de Microsoft et Steve Jobs, figure importante d'Appple Computers, admettent que l'utilisation de psychédéliques affecta le cour de leur carrière. Aldous Huxley et Jean-Paul Sartre, deux écrivains célèbres ont étés inspirés entre autre par la mescaline. Albert Hoffman, celui qui découvrit le LSD et le synthétisa défendit ces substances jusqu'à sa mort récemment et c'est sans oublier la multitude de musiciens ayant puisé eux aussi dans l'expérience psychédélique au cour de leur processus créatif pour en arriver a produire des oeuvres d'un originalité déconçertante.

Le lien entre l'imagination, la créativité et l'expérience psychédélique est donc difficile a ignorer surtout à une époque ou les solutions commençent à manquer face aux problèmes a priori insurmontables auxquels nous faisons face; la criminalisation et la propagande négative face à ces plantes handicape possiblement une grande partie de la population au niveau créatif en la privant d'un outil faisant depuis longtemps parti de nos habitudes, faisant en sorte de voir la masse sociale figée dans son développement et adoptant un comportement infantil et auto-destructeur.

Il est plus que temps de décriminaliser la nature et de multiplier les recherches au sujet des plantes possédant des propriétées psychédéliques afin d'améliorer les chances d'arriver un jour à une compréhension des mécanismes régissant les effets qu'elles provoquent car tant et aussi longtemps que nous continuerons de nager en plein mythe et en pleine propagande a leur sujet, les risques reliés a leur utilisation s'en trouverons exacerbés.

Wednesday, October 21, 2009

Le bouddhisme conquérant

" At about this time, the heretical Bon-pos were brought under control and mTsho-rgyal finished the final and ultimate disciplines... "

Ceci est un passage du livre " Mother of Knowledge - The Enlightenment of Ye-shes mTsho-rgyal " publié en 1983 par Dharma Publishing.

À la lecture de ce passage, il m'est venu a l'esprit que plusieurs similitudes existent entre la montée du bouddhisme en orient et celle du christianisme en occident. Ceux à qui le passage fait référence, les " hérétiques bon-pos ", sont en fait des autochtones tibétains pratiquant une ancienne religion proche du chamanisme, surtout centralisée a l'ouest du pays avant l'implantation du bouddhisme, s'étant déroulée selon la majorité des sources au 7e siècle grâce à l'influence de Padmasambhava.

Ce qui m'a surtout surpris de ce passage c'est le mépris exprimé a l'égard des bon-pos. Mépris qui n'est pas sans rappeler le comportement agressif et méprisant adopté par l'église chrétienne envers les " paiens " et les " primitifs " au cours des siècles et de ses multiples missions autant en Europe qu'en Amérique et en Afrique.

Je n'avais jamais vu le bouddhisme sous cet angle auparavant mais quand on y pense, le bouddhisme, tout comme le christianisme, est issu d'une tradition plaçant une grande importance en un personnage mythique supposé représenter la quintessence de l'humanité; un messie sensé nous avoir transmis les moyens de réaliser ce que lui même est parvenu a atteindre. Il n'est donc pas surprenant de constater plusieurs liens entre les deux traditions. Et tout comme pour le christianisme, le bouddhisme eu à confronter différentes traditions déja bien établies sur les territoires qu'il parvint a conquérir lors de son expansion, souvent au prix de la vie d'innocents. De plus, le bouddhisme et le christianisme, par la force des choses, se sont retrouvés tôt ou tard influencés eux aussi par les traditions pré-existantes dans les contrées qu'ils avaient nouvellement conquises.

Extrait de wikipédia:

" Au VIIe siècle, le dernier roi, Ligmirgya, fut assassiné par le roi Songtsen Gampo. Le Zhang Zhung devint alors partie intégrante du Tibet ; il fut peu à peu tibétanisé et sa culture philosophique et religieuse imprégna celle du pays vainqueur.

Suivant l’intérêt croissant pour le bouddhisme, marqué par la création du monastère de Samye en 779 et son établissement comme religion d’État à la fin du VIIIe siècle, le Bön fit l’objet de persécutions et de tentatives d’éradication, pour des raisons plus souvent politiques que religieuses. Néanmoins, ses adhérents, aussi bien dans la noblesse que dans le peuple, s’accrochèrent à leurs convictions et il survécut, aidé probablement par une crise de la royauté tibétaine en 842. Elle lui permit sans doute de se revigorer dans les régions excentrées où avaient fui au VIIIe siècle, période particulièrement difficile, beaucoup de prêtres bönpo. Ils auraient auparavant caché leurs écritures afin de les conserver pour les générations futures. Drenpa Namkha, l’une des plus grandes personnalités bönpo de cette époque, se convertit au bouddhisme dans le but de préserver et de transmettre en secret les enseignements au risque de sa vie ; il fut disciple de Padmasambhava. On peut encore citer Gyerpoung Nangzer Lopö et Tséwang Rigdzin. "

J'imagine que là ou je veux en venir avec ça c'est que j'ai cette nette impression qu'un mouvement particulièrement ambitieux s'est mit en branle voila environ six mille ans, moment ou la spiritualité patriarcale semble avoir prit son essor, devanant un mouvement cherchant à forcer les choses au niveau religieux et spirituel. S'ensuivit une poussée ayant comme objectif de politiser la spiritualité et l'amener à s'organiser a grande échelle dans le but d'avoir une influence sur la masse. Si ce n'est pas le cas, comment expliquer cette nouvelle tendance propre à l'époque en question de chercher par tous les moyens à convertir autant de nouveaux fidèles? Comment expliquer que tout d'à coup, la religion s'organise et devienne la raison pourquoi tant de guerres de conquêtes, de croisades et de conversions de masse ont eu lieu?

Une autre grande similitude entre le bouddhisme et le christianisme se trouve dans le fait que les deux religions prétendent toutes deux avoir apporté certaines innovations n'existant pas avant leur époque et vont également, plus ou moins subtilement, jusqu'à prétendre qu'avant leur existance, l'homme n'était pas une créature spirituelle et que celui-ci s'est retrouvé " sauvé " par l'intervention de leurs prophètes, Jésus ou Bouddha, selon la tradition.

D'ailleur, parlant de Jésus et Bouddha, qui peut nier la ressemblance entre ces deux figures mythiques? Jésus, comme bouddha, semble avoir été infusé d'un savoir unique lié à la réalisation de la vraie nature de la réalité et du monde, il semble aussi avoir triomphé de la mort et passé sa vie a prêcher et a enseigner la voie qu'il endossait: le détachement face aux intrigues de ce monde, le renonçement face aux richesses et la pratique de l'humilité face aux mystères. De plus, l'iconographie de ces deux religions représentent leur " modèle " avec la tête entourée d'un hâlo lumineux, signe de son " illumination ". Ce détail pouvant également suggérer une toute autre théorie ( l'astro-théologie ) à laquelle je reviendrai fort probablement dans une édition future.

J'ai pensé suggérer ici quelques exemples tiré du livre " Kabir - The Weaver of God's name " publié en 1984 par Radha Soami Satsang Beas, démontrant a quel point la doctrine de Jésus Christ est similaire a la tradition yogique Indienne, de laquelle origine Bouddha. Je présente ici d'abord la version anglaise des paroles de Kabir pour ensuite traduire librement en français le sens de cet exemple. Ensuite, je propose une citation du nouveau testament attribuée à Jésus, encore une fois d'abord en anglais et ensuite en français dans le but de démontrer la similitude entre les deux traditions.

Alors voila:

- " Kabir expresses surprise that when the Bodiless One resides within the human body, no one seeks Him there; people do not try to realize the One who is so close to them. "

" Kabir exprime sa surprise que tant de gens cherchent Dieu partout sauf a l'intérieur d'eux même. "

En Luc 17-21, une suggestion semblable est énoncée: " Neither shall they say, Lo here! lo there! for, behold, the kingdom of God is within you. "

La traduction française n'est pas aussi satisfaisante relativement a cet exemple, mais je me permet tout de même de l'inclure ici: " On ne dira point: Il est ici, ou il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous. " ( Normalement la traduction française aurait dû être: " le royaume de Dieu est en vous. "

- " That which is visible is perishable; contemplate on Him who is invisible. When you turn the key to the tenth door, then you will have the darshan of the Merciful One. "

" Ce qui est visible est périssable; contemplez donc Celui qui est invisible. Quand vous plaçerez votre clée dans la serrure de la dixième porte, alors vous aurez la bénédiction du Miséridordieux. " * Note: Dans la tradition Indienne, le troisième oeil est parfois surnommé la dixième porte parce qu'il est considéré comme la dixième ouverture du corps humain après les deux yeux, les deux oreilles, les deux narines, la bouche et les deux ouvertures inférieures.

En Mathieu 6-22, on constate que le Christ aussi suggérait de concentrer son attention a l'intérieur de nous même afin de réaliser ce qui passe habituellement innaperçu en une phrase évoquant le fameux " troisième oeil ": " If therefore thine eye be single, thy whole body shall be full of light. "

" L'oeil est la lampe de ton corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé. "

- " Beyond all words and beyond all letters is the Nam that I speak of. I have brought with me the original Word in this transient world. "

" Au-delà de tous les mots et de tous les charactères est le son dont je parle. J'ai ramené avec moi le Mot original au sein de ce monde éphémère. "

Le Christ également fait mention à plusieurs reprises de ce " mot " ou ce " son " duquel origine le monde. Psaumes 119-160, 72-17 et 135-13: " Thy word is true from the beginning and everyone of thy righteous judgements endureth forever. " " His name shall endure forever. " " Thy name, O Lord, endureth forever and thy memorial, O Lord, throughout all generations. "

" Le fondement de ta parole est la véritée et toutes les lois de ta justice sont éternelles. " " Son nom subsistera toujours. Aussi longtemps que le soleil, son nom se perpétuera. " " Éternel! ton nom subsiste à toujours. Éternel! ta mémoire dure de génération en génération. "

- " The worship that the Lord approves not, in that worship the world is entangled. The worship that is dear to His heart, these worshippers know not. "

" Le culte que Le Seigneur n'approuve pas, dans ce culte le monde est absorbé. Le culte qui est cher a Son Coeur, ces dévots ne connaissent pas. "

En Jean 4 22-24, Jésus dénonce la même chose, c'est a dire la tendance superficielle que prend souvent la spiritualité chez l'homme: " Ye worship ye know not what: we know what we worship... But the hour cometh and now is, when the true worshippers shall worship The Father in spirit and in truth... God is a spirit and they that worship Him must worship Him in spirit and in truth. "

" Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons... Mais l'heure vient et elle est déja venue, ou les vrais adorateurs adoreront Le Père en esprit et en vérité... Dieu est esprit et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité. "

Je pourrais continuer longtemps ainsi, mais je crois que mon argument est clair: malgré l'opinion personelle des croyants appartenant soit aux multiples sectes constituant la foi chrétienne, soit aux croyants de celles constituant le bouddhisme, il s'avère clair que l'essence du message est la même. Le Christ et le Bouddha pointaient dans la même direction et ce n'est pas tout: le culte s'étant développé après eux s'est rendu coupable du même genre de comportement: la conversion de masse et la conquête de territoires ayant auparavant appartenu a des peuples possédant une culture distincte et originale qui fût par la suite assimilée soit totalement ou en partie par l'implantation agressive de ces nouveaux cultes.

De wikipédia: " Le roi Açoka (274-236), par ses conquêtes et son influence, contribua à l'extension du bouddhisme vers le Cachemire, l'Afghanistan, Ceylan et la Birmanie. "

Ce ne fût que le point de départ d'une grande expansion de cette idéologie qui finira par atteindre le Sri Lanka au sud et, au nord, le Tibet et, au-delà, la Chine en plus de l'Indonésie et du Japon. Éventuellement, l'avènement du bouddhisme en Inde, depuis longtemps Hindoue, n'est pas sans rapeller l'avènement du christianisme au sein de l'empire Romain:

"les textes déclarent que « tous les bouddhas naissent en Inde, prêchent en Inde et y atteignent le Nirvâna », le Bouddha Sâkyamuni ne fait pas exception. Pendant de nombreux siècles (du Ve siècle au VIIe siècle apr. J.-C.), le bouddhisme sera vulgarisé et transmis dans toutes les régions de l'Inde. Les souverains accepteront eux aussi de soutenir cette religion, même contre l'hindouisme."

Pour terminer, malgré l'attrait que peut représenter le bouddhisme pour les occidentaux avides d'alternatives au christianisme, il est important de réaliser que malgré la symbolique et l'iconographie parfois différente de ces deux religions, l'essence et le sens restent les mêmes et qu'ultimement, celles-ci représentent surtout des innovations accessibles, romantisées et vulgarisées de croyances beaucoup plus anciennes datant de l'époque paléolitique. En se renseignant sur la symbolique des mythes chamaniques, je suggère par exemple de lire " Shamanism - Archaic techniques of ecstasy " de Mircea Eliade, on réalise rapidement que les grandes religions que nous connaissons aujourd'hui recyclent en fait d'anciens symboles remontant à un passé encore plus éloigné que celui nous semblant déja lointain ou des personnages mythiques comme Jésus et Bouddha agirent comme instigateurs d'un nouveau courant ambitieux faisant de la spiritualité non plus une affaire bien personelle, mais globale.

Thursday, October 15, 2009

L'Origine de la spiritualité

"De nos jours, nombre d'hommes et de femmes se lançent volontairement, tels des Magellan de la psychée, dans l'exploration de l'océan de la conscience grâce aux plantes psychédéliques. Des gens comme vous et moi. " - Terence McKenna -

Je me suis finalement laissé convaincre d'inaugurer un blogue. Je suis toujours lent a embarquer dans ces nouveaux trucs, je n'ai même pas de facebook et ça m'a effectivement prit quelques années avant de me faire un myspace ( et encore, seulement pour faire la promotion de ma musique ). En fait, a bien y penser, la raison pourquoi j'inaugure un blogue est la même raison pour laquelle je me suis fait un myspace voila déja quelque temps: la promotion de mes créations. Dans ce cas-ci, mes idées, mes écrits et ma prétention!

Je commence donc en force. Depuis environ deux ans déja, j'ai renoué avec l'expérience psychédélique après avoir prit une pause de quelques années. Quelques années passées a explorer différentes pratiques spirituelles er religieuses jusqu'à ce jour ou, me décidant a faire une recherche sur un homme dont je voyait des citations de temps a autre, c'est a dire feu Terence McKenna, je me retrouvais complétement stupéfait. Je découvrit derrière ce nom un esprit délicieux, inspirant et charismatique qui, dès la première écoute d'une des lectures a propos desquelles il était fameux, me vit replonger en plein psychédélisme.

Il devint clair a mes yeux
à partir de ce moment là, que le catalyste a toute la série d'explorations spirituelles dont mes dernières années avaient étées constituées était l'expérience psychédélique pratiquée dabord de façon innocente et hédoniste pendant l'adolescence, pour ensuite devenir quelque chose de plus profond, de plus sérieux. Ce fut donc grâce a l'inspiration de Terence que je réintroduisit l'utilisation de plantes psycho-actives a mes pratiques méditatives. Je me lance donc ici dans un exposé confrontant l'approche psychédélique et l'abstinance face a celle-ci dans une optique de pratique spirituelle. Mon opinion et les bases sur lesquelles elle s'appuie est le fruit de plusieurs années non seulement de théorie, mais aussi de pratique.

Bonne Lecture.

La question a savoir si l'usage de plantes psychédéliques, dans une optique spirituelle ou a des fins d'exploration personelle, offre une expérience authentique comparativement à l'abstinence face a celles-ci, relève de l'opinion subjective de chacun de nous. Certainement pour plusieurs, l'expérience offerte par l'utilisation de plantes hallucinogènes et psychédéliques constitue un genre de " sous-expérience " n'étant pas comparable au niveau pouvant être atteint sans elles. Pourtant si l'on aborde la question objectivement, les expériences qualifiées de " mystiques " telles que l'extase, la transcendance et la dissolution de la pensée dualiste, se produisent surtout sous l'influence d'hallucinogènes sauf dans le cas de gens qui pratiquent certaines austéritées comme l'auto-flagellation et d'autres comportements extrêmes comme le jeûne et la privation de sommeil. Les autres cas ou des individus disent avoir vécu ce genre d'expérience sans avoir eu recours a l'une de ces techniques ne pouvant êtres ni quantifiés ni observés, ils demeurent donc sans valeur pour celui qui recherche du concret et de la substance a des fins d'étude.

L'écosystème a depuis toujours été responsable de notre survie et de notre bien être, tant au niveau de l'alimentation, de la guérison de nos divers maux que du besoin de se vêtir et
de s'abriter. Autrement dit, nous avons tout a gagner a entretenir une relation symbiotique avec l'écosystème et tout a perdre a opter pour un " divorce " entre nous et ce dernier, comme c'est le cas présentement avec les conséquences que l'on connait. De toute évidence, nous dépendons de cet écosystème et pourtant nous agissons maintenant comme si nous cherchions à nous en affranchir, ce comportement est-il intelligent? D'ou provient cette attitude? On peut aussi se questionner sur la cause du développement spirituel et créatif de l'homme; est-il plausible que nos ancêtres préhistoriques aient développé un savoir mystique par des voies telles que la méditation et la contemplation et que ce soudain développement n'ai rien a voir avec une influence naturelle? A une époque ou le combat pour survivre était constant et ardu, se pourrait-il que notre développement spirituel ait vu le jour par la pratique de la méditation et autres disciplines complexes demandant une quantité considérable de temps et d'énergie ayant probablement intérêt a être utilisés autrement dans un tel contexte? De plus, en ce qui a trait à la pratique de la méditation, il est souvent convenu que pour progresser concrètement, la guidance d'un maitre accompli est primordiale. Quelles sont alors les chances que nos ancêtres aient eu l'occasion de développer leur potentiel spirituel de cette façon? Il parait beaucoup plus logique et sensé que ceux-ci aient, par hasard ou non, découvert certaines avenues jusqu'alors inexplorées de leur psychée par le biais de plantes aux propriétées psycho-actives à cette époque ou la constante recherche de nouvelles sources de nourriture était la prioritée absolue et que, par la suite, des pratiques comme la méditation et la contemplation furent développées comme complément, comme alternative, comme substitut ou tout simplement comme moyen d'intégrer l'information révélée par l'expérience psychédélique.

Pourquoi cherchons nous d'autres moyens d'arriver a ces états non-ordinaires alors que l'écosystème offre, jusqu'a preuve du contraire
, par le biais de plantes altérant momentanément la composition chimique habituelle du cerveau, l'opportunité de vivre ces fameuses expériences efficacement? Le lien entre la constitution moléculaire de notre cerveau et celle des plantes hallucinogènes les plus efficaces est difficile a ignorer; certaines de ces molécules appartenant a une famille très particulière, c'est a dire la famille des triptamines, une catégorie de molécules possédant un noyau indole leur conférant une qualitée hallucinogène. Le DMT, ou diméthiltriptamine, par exemple, la molécule hallucinogène la plus spectaculaire connue, en plus d'être retrouvée dans une multitude de plantes se retrouve également produite par le corps humain, c'est donc dire qu'elle est endogène. Son rôle dans notre métabolisme et la façon dont elle y est produite demeurent un mystère, mais ses propriétées hautement hallucinogènes suggèrent un tas de parallèles intéressants au niveau de la chimie de la conscience humaine et ce que nous perçevons puisque la molécule de DMT est captée par les mêmes récepteurs que la sérotonine quand elle est consommée d'une source extérieure, la sérotonine étant l'un des principaux neuro-transmetteurs composant notre neuro-chimie habituelle.

Cela est mon opinion et elle n'engage que moi ( malgré le fait que d'autres lui ait également accordé de l'importance ) mais si l'on prend le temps de jeter un coup d'oeil a notre histoire on constate que cette aversion pour l'expérience psychédélique a vue le jour avec l'avènement d'une pensée divergeante, une idéologie relativement nouvelle, donnant à l'homme un rôle bien particulier au coeur d'un narratif ou l'univers est son domaine et sa propriétée, non son partenaire. Un domaine ou il en arrive éventuellement a provoquer un débalancement de l'équilibre primordial a partir du moment ou il se met a agir en contradiction avec les principes primordiaux garantissant l'équilibre naturel de cet écosystème dans lequel il se trouve. Je parle ici du monothéisme patriarcal, qui malgré ses diverses formes et son existance datant de plusieurs millénaires, demeure une idéologie relativement récente face aux croyances souvent qualifiées de " paiennes " et de " primitives ", étant beaucoup plus anciennes et sur lesquelles le monothéisme base plusieurs de ses rituels et pratiques.

De plus en plus, le lien entre la position des gens envers les plantes hallucinogènes et leur attitude face l'environnement me semble clair. L'information véhiculée a propos de cette catégorie de substance est souvent fausse et basée sur des mythes. Cela ne fait que perpétuer cette attitude ultimement nuisible non seulement pour l'environnement mais par défaut pour nous
également. Une réappréciation de ces plantes et leur influence sur la culture humaine et son développement m'apparaissent donc de plus en plus importante.

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